Retour sur le festival de Cannes (FIJ) avec la première participation du Game In Lab.

En février dernier, l’équipe du Game In Lab était à Cannes pour présenter 2 conférences à l’occasion du plus grand festival ludique de France. Une première collaboration qui a porté ses fruits avec plus de 100 personnes participantes sur chaque conférence.

Retrouvez ci-dessous les compte-rendus de nos deux conférences du 23 février dernier :

Conférence d’Anick Pelletier « Stimuler le cerveau et l’apprentissage par le jeu… oui c’est possible ! »

Anick Pelletier est Canadienne, elle y exerce le métier d’orthopédagogue depuis maintenant 16 ans. Ce métier ne commence à voir le jour en France que depuis quelques années mais est très répandu au Canada. L’orthopédagogue intervient pour des élèves en difficulté d’apprentissage et a pour mission d’identifier les causes de ces difficultés.

La méthode de la pédagogie par le jeu est devenu sa manière de travailler avec les élèves afin de comprendre et résoudre leurs problèmes. Lors de sa conférence, Anick Pelletier nous explique qu’elle a très rapidement commencé à se servir du medium du jeu pour aider les élèves à comprendre les mécanismes du cerveau. Elle donne l’exemple de la gestion de l’impulsivité : elle met l’élève en situation en le faisant jouer à un jeu qui peut mener à presque l’énervement, pour le réussir il est impératif que l’élève garde son calme et ne s’énerve pas. Le fait de passer par le jeu permet de créer de la motivation chez l’élève par le fait de vouloir gagner. L’élève sera donc plus apte et plus volontaire à se contrôler et se corriger que dans une situation de la vie quotidienne. Anick adapte et applique un programme ludopédagogique dédié pour chaque étape du processus d’apprentissage (inhibition, attention, planification, mémorisation…).

Cependant elle indique que jouer sans un enseignement et un encadrement en parallèle n’aurait pas les mêmes effets : en effet, faire jouer un élève à un jeu qui le pousse à garder son calme sans l’encadrer et lui expliquer les mécanismes ne serait pas bénéfique. L’important ici est que l’élève s’exerce et comprenne les processus, le jeu est là pour mettre en situation et surtout pour prendre du plaisir.

Le fait de prendre du plaisir pendant les séances est très important selon Anick Pelletier, cela permet de donner envie à l’élève de revenir et de rejouer. C’est pourquoi la phase d’explication et d’encadrement ne dure pas tout le long de la séance, afin de faire en sorte que l’élève, de lui-même, veuille revenir et s’améliorer

Pour conclure, cette conférence montre donc l’apport que peut avoir le jeu dans l’apprentissage, le développement de soi ainsi que la motivation. Le jeu sert dans ce cas de medium, d’outil pour faire comprendre des mécanismes et comportements et ainsi les corriger.

Conférence de Phillippe Robert, Renaud David, Laure Chantepy et Julie Brousse « Jeux, mémoire et motivation. Si le jeu vous empêchait de perdre la boule ? »

Psychiatres, psychologue en neurologie et coordinatrice de serious games nous ont présenté une conférence dédiée à la stimulation du cerveau, notamment pour les personnes âgées atteintes de maladies neurodégénératives.

La première partie de la conférence menée par Phillippe Robert traitait du cerveau et de la maladie d’Alzheimer. On apprend à quel niveau apparaît la maladie et ses symptômes : apathie, dépression, etc. On y apprend également que les personnes très touchées par cette maladie neurodégénérative sont notamment les aidants (les proches, la familles, …). De plus, la maladie d’Alzheimer est encore très stigmatisée et fait peur aux plus âgés. C’est pourquoi, on cherche de plus en plus à la prévenir.

Durant la seconde partie de la conférence, Renaud David nous présente les bénéfices que peuvent apporter la technologie, le numérique et le jeu dans la santé. Il évoque Tetris, qui peut aider après un choc traumatique. Il parle également de X-TORP, un jeu vidéo thérapeutique qui propose des exercices physiques et cognitifs pour aider les patients à lutter contre la maladie d’Alzheimer.

En troisième et dernière partie, Julie Brousse et Laure Chantepy expliquent l’importance de jouer avec les personnes atteintes de la maladie : en effet, le fait de stimuler le cerveau par le biais du jeu permet d’entretenir les relations affectives, sociales et cognitives. Enfin, plusieurs moyens de détourner des jeux de société connus de tous afin d’être accessibles aux patients nous ont été présentés.

En conclusion, cette conférence nous a rappelé qu’il était important de préserver, stimuler et entretenir son cerveau pour prévenir de ce genre de maladie. Mais également que l’on pouvait, par le biais du jeu, entretenir nos relations sociales, affectives et cognitives.

Nouvel appel à projets !

Appel à projets 2019 du Game In Lab 

Game in Lab a pour mission de soutenir la recherche sur le jeu de société, d’encourager la diffusion de ces travaux à destination des professionnels du jeu et du grand public, et d’animer une communauté mixte.
Grâce à ce nouvel appel à projets, des projets de recherche portant sur le jeu de société pris au sens le plus large seront sélectionnés et soutenus financièrement. Ce premier appel est ouvert à toutes les disciplines, aucune thématique spécifique n’est privilégiée. L’appel est ouvert à des chercheurs français et étrangers.
Les projets sélectionnés se verront attribuer un soutien financier pour des actions de recherches courtes (12 mois). 

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