Veille scientifique : « A tale of Dungeons and Dragons and the origins of the game platform » par Nicolas Lalone

Cet essai tente de réduire l’écart entre les jeux analogiques et numériques en reliant Donjons et Dragons aux origines de l’industrie du jeu vidéo. Malgré son aspect analogique, Donjons et Dragons est une plateforme de jeu vidéo semblable à celles de Nintendo, Hatari ou Mattel. Ce fut en réalité la première plateforme où la programmation offrait aux passionnés un aperçu de ce que pourraient être des jeux basés sur la logique en plus de jeux basés sur le sport, le physique ou le jouet. Ce n’est donc pas controversé d’affirmer que Donjons et Dragons est le tout premier jeu de rôle. Dans ce jeu, le joueur peut jouer le rôle d’un personnage appartenant à un monde fantastique. Donjons et Dragons s’est vite imposé dans le monde entier et reste l’un des jeux les plus populaires de tous les temps. Agé de 45 ans, le jeu reste présent dans presque toutes les langues. L’ajout de session de jeu en streaming, de jeux en ligne ou de parties disputées par des célébrités a su élargir et diversifier le public de Donjons et Dragons. 

Pourtant, les travaux universitaires ne reflètent pas assez la complexité culturelle et historique du jeu de plateforme. Le type de personnages reste inchangée et on ne voit toujours pas de représentant de la communauté LGBT ou de personnes handicapées. Le contexte historique, largement inspiré des guerres napoléoniennes, reste opaque et peu discuté et l’histoire du jeu n’est pas intégrée dans les analyses des chercheurs. En reconnectant Donjons et Dragons à son histoire, on pourrait pourtant aller au-delà de l’étude sur la culture ludique. Pour explorer l’individuation du jeu en tant que plateforme, il est important de définir certains termes.

Platform Studies a défini la plateforme comme un environnement sur laquelle la programmation peut être exécutée. Nathan Altice a expliqué que les jeux analogiques, comme les cartes, peuvent être considérés comme une plateforme. 

La recherche de cet article contribue à cette discussion en liant les jeux analogiques à l’individuation ou le processus de devenir un objet technique nommé. Le processus d’individuation arrive bien avant la naissance de l’ordinateur. Avant d’affirmer que Donjons et Dragons fut la première plateforme, il faut définir ce que l’on entend par plateforme. Selon Bogost, voici la définition :  Tout ce que le programmeur prend pour acquis lors du développement, et, d’un autre côté, l’utilisateur doit travailler pour pouvoir utiliser un logiciel particulier se nomme plateforme ». Afin de déterminer si un objet est une plateforme, il faut rechercher que ce que le programmeur prend pour acquis et ce que l’utilisateur doit faire fonctionner. Les utilisateurs du jeu doivent donc disposer d’une connaissance du manuel pratique du joueur. Le programmeur prend cela pour acquis. Chaque jeu vidéo exige une compréhension du joueur par lui-même. Pour comprendre le contexte historique, il faut savoir que le jeu et la guerre sont liés inexorablement. L’univers de Napoléon se ressent clairement dans Donjons et Dragons. Ce jeu nous a montré comment un jeu basé sur la logique pouvait générer un sens pour les joueurs. A cette époque, les jeux étaient basés sur la physique ( balles, astéroïdes) ou sur des jouets (poker, labyrinthe). La sortie de Donjons et Dragons a montré qu’une nouvelle plateforme de jeu avec une logique était possible. Cela créa un engouement commercial et d’autres jeux du genre sortirent rapidement. En tant qu’objet unissant logique et récit, la preuve de l’existence de Donjons et Dragons en tant que plateforme réside dans la manière dont le jeu a été traduit en calcul.

Donjons et Dragons a su combiner la logique informatique et le récit narratif de guerre. Il l’a fait en favorisant l’attachement à un personnage qui vivait dans son monde selon ses propres règles. Les joueurs pouvaient ainsi éprouver des concepts guerriers tout en éprouvant une quantité réduite mais non nulle, de l’émotion du personnage. Lors de la création des jeux de guerre, le Général Carl von Clausewitz leur reprochait de se focaliser uniquement sur la logique déconnectée de la guerre. La partie narrative de la guerre avait été conservée selon lui, dans des textes écrits par des soldats sur le champ de bataille. Entre 1800 et 1960, récits, philosophie, mathématiques et militarisme constituaient un espace qui surmontait les critiques précédentes. Cet objet technique, né après le processus d’individuation, s’appelait Donjons et Dragons.

Pour découvrir l’intégralité de l’article, rendez-vous sur : http://analoggamestudies.org/2019/09/a-tale-of-dungeons-dragons-and-the-origins-of-the-game-platform/

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